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Énoncé d'intentions politiques


Ce texte d'intentions politiques est écrit dans le but de mettre en mots nos valeurs, notre vision du soin et de la santé. Il est à la base de notre projet et représente les fondements de nos réflexions. Il est écrit afin de vous expliquer , à vous qui y portez un intérêt, ce qui nous pousse à faire vivre ce centre de santé communautaire qui est à nos yeux bien plus qu'un lieu de soins classique.


Système de santé : constats, vision et alternatives.

Le système de santé en France n'est pas satisfaisant. Il est vecteur de nombreuses discriminations en terme d’accès aux soins, mais également de qualité des soins prodigués. Si nous reconnaissons en son sein un certain nombre d'atouts, il y persiste de nombreuses lacunes qui sont contradictoires avec notre vision d'un système de santé égalitaire, équitable, accessible à toutes et tous, et dénué d’intérêts capitalistes.


Il nous semble primordial que le système de santé se concentre sur le bien commun. Nous affirmons qu’accéder au système de santé est un droit fondamental. Chacune et chacun doit pouvoir avoir accès à ses droits ainsi qu'aux soins qu'elles et ils nécessitent.


Nous souhaitons donc proposer une alternative réaliste :

Réaliste, parce qu’elle s'inscrit dans le droit commun, qu'elle est accessible à chaque personne et qu'elle est intégrée au système de santé actuel. Réaliste aussi parce qu'elle s'implante dans un quartier populaire, là où le système de santé est le plus discriminant et où il existe un réel problème de démographie médicale.


Alternative, parce qu’elle propose autre chose autrement.

Faire soin autrement, c'est s'organiser pour proposer des pistes vers un système de santé pensé avec et pour toutes et tous ; ce qui est la définition même de la santé communautaire.

Nous avons pour objectif que cette alternative soit vectrice de transformations sociales.



Une structure communautaire transdisciplinaire : partager les savoirs, multiplier les forces.

Nous voulons créer une structure de soins primaires ayant une approche globale de la santé. Nous affirmons que la santé ne peut se réduire à la maladie, mais qu'il est nécessaire de prendre en compte d'autres réalités comme l'environnement social des personnes, leurs conditions de travail, de logement...


Ainsi nous souhaitons travailler sur la souffrance et les violences psychosociales que le contexte de vie peut engendrer chez chacun et chacune, notamment en prenant en compte les déterminants sociaux de la santé.

C'est pour cette raison que nous avons choisi de regrouper au sein d'une même structure, des professionnel-le-s du sanitaire, du social, de l'accueil et de l'éducation populaire ; ces différents aspects permettant de réellement porter une attention à la personne dans sa globalité.


Nous souhaitons que ce centre de santé communautaire soit un lieu de partage et de circulation des savoirs.

En tant que lieu de santé communautaire, nous considérons que chaque individu est expert de sa vie et donc de sa santé. Il nous semble donc fondamental que les habitants-es puissent échanger et partager les savoirs qu'elles et ils ont sur leur propre santé dans une perspective d'éducation populaire.


De plus, nous pouvons observer que les relations entre usager-e-s et professionnel-le-s (notamment médicaux/ales) sont souvent asymétriques du fait du statut que l'on prête à ces dernier-e-s. Dans une logique de réduction du pouvoir des professionnel-le-s, nous voulons que celles et ceux-ci partagent leurs savoirs avec les habitant-e-s.


Et pour finir, dans une perceptive transdisciplinaire, il nous paraît également essentiel que, tout en respectant l'expertise propre à chaque métier, les différent-e-s professionnel-le-s partagent leurs savoirs entre eux et elles et mènent des réflexions sur leur métier.


Notre vision de la santé a une portée politique, c'est à dire qu'elle intègre des questions complexes (habitat, travail, équité et justice sociale..) qui viennent interroger l'organisation de la Cité. C'est pourquoi nous aspirons à impliquer les premier-e-s concerné-e-s dans l'analyse, l'action et l'émancipation face aux questions de santé.


Notre vision du soin a elle aussi une portée politique car nous la concevons au carrefour des disciplines du sanitaire, du social et de l'éducation populaire.


Nous travaillerons et défendrons ces visions politiques avec et auprès des habitant-e-s du quartier.



Se réapproprier sa santé, un enjeu de pouvoir(s).

Nous ne voulons pas créer de dépendance des usager-e-s vis à vis des professionnels-es.

Nous voulons que les habitant-e-s deviennent acteurs et actrices de leur santé.

Nous souhaitons donc donner aux individus la possibilité de faire leurs propres choix dans leur parcours de santé.

Nous croyons aux potentialités de chacun-e et nous favoriserons par tous les moyens possibles leurs capacités à trouver des solutions à leurs problèmes, de manière individuelle et collective.


Nous souhaitons tendre vers un fonctionnement horizontal au sein du centre de santé, en cherchant l'équilibre des pouvoirs entre les personnes, dans l'équipe et avec les habitant-e-s. Nous souhaitons que le fonctionnement du centre laisse une place importante aux premier-e-s concerné-e-s par la santé dans le quartier, c'est à dire les habitant-e-s. Ainsi nous voulons leur permettre de s'impliquer dans le centre de santé afin qu'elles et ils aient un réel pouvoir sur les orientations et les activités du centre.


Pour réaliser un tel fonctionnement, il nous apparaît nécessaire de travailler continuellement les rapports de pouvoir et de domination au sein de l'équipe et avec les habitant-e-s du quartier.


• Au sein de l'équipe professionnelle, nous tendons vers un fonctionnement en autogestion, ce qui implique notamment un partage des tâches et des prises de décisions collectives.

Notre conviction profonde est qu'une hiérarchisation des métiers n'a pas de fondement légitime. Au sein du centre de santé, nous souhaitons donc une égalité entre les professionnel-le-s, se traduisant notamment par une égalité salariale.



La lutte contre les discriminations : un engagement sanitaire, social, politique et humain.

Nous avons choisi de créer ce centre de santé communautaire dans un quartier populaire, c’est à dire selon nous un quartier dont les habitant-e-s sont l’objet de discriminations multiples voire d’exclusion et doivent y résister quotidiennement, mais aussi un quartier avec une vie sociale, associative et collective riche et diverses.

 

Les discriminations sexistes, racistes, en lien avec la classe sociale, l’âge, ou le handicap, ont des impacts forts sur la santé, et plus globalement sur la vie des habitant-e-s. Elles contribuent fortement aux inégalités sociales de santé, de différentes manières : en freinant l’accès aux soins ; en impactant les conditions matérielles d’existence, comme le travail, le logement... (qui elles-mêmes influent de manière importante sur l’état de santé) ; et en provoquant directement des états pathologiques de stress, de difficultés psychiques, etc.


Nous avons donc pour objectif de les rendre visibles, de tenter de ne pas les reproduire, et de lutter contre ces discriminations avec les personnes concernées.

Nous sommes persuadé-e-s qu’une lutte contre ces discriminations ne pourra être cohérente, légitime et efficace que si elle est portée par les premier-e-s concerné-e-s, c’est-à-dire les personnes qui les vivent au quotidien. Nous souhaitons donc que le centre de santé communautaire soit un espace permettant la parole et l’action de ces premier-e-s concerné-e-s.


NB : Nous espérons que, dans un avenir proche, nous pourrons réécrire cet énoncé avec les habitant-e-s des quartiers du Village 2 à Échirolles et de Grand Galet à Pont-de-claix.